Qu’est ce qu’un jeune ayant moins de possibilités ?
L’expression jeune ayant moins de possibilités doit être maniée avec prudence. Personne n’apprécie d’être identifié comme un jeune ayant moins de possibilités car cela implique que le problème touche la personne directement et non la société dans laquelle elle vit. Cela soulève également des questions en débat continu concernant la discrimination positive et les politiques stigmatisantes. Il est généralement admis que les jeunes ont des difficultés d’ordre structurel (handicapé, orphelin…) et/ou conjoncturel (sans emploi, non diplômé…)
Il est plus adroit d’aborder cette question par l’angle des obstacles que les jeunes rencontrent. Un groupe de travail sur « l’inclusion » a été mis en place au sein de la Direction générale de l’Éducation et la culture de la commission européenne. Il a notamment listé des champs (obstacles) permettant d’identifier la nature des difficultés que rencontrent les jeunes :
Éducation/formation : jeune ayant rencontré des difficultés scolaires, sans diplôme, sans formation (diplômante), décrocheur scolaire…
Social : ex-toxicomane, ex-délinquant, jeune sortant de prison, jeune parent isolé, orphelin, jeune souffrant de discriminations, de fragilité psychologiques, manifestement timide, renfermé, jeune en situation précaire de vie (habitat nomade, sans domicile fixe)
Économique : dépendance financière (RMI), peu de revenu, chômage de longue durée, endettement bancaire, dettes familiales et autres dettes…
Mentale : jeune souffrant d’affection d’ordre cérébrale (handicap moteur et déficient intellectuel)
Physique : handicap physique et/ou maladie chronique, dépendant à l’alcool, drogues…
Culturel : jeune appartenant à une minorité ethnique, jeunes avec des problèmes de communication linguistique, jeunes immigrés, réfugiés ou descendants de familles immigrés
Géographique : jeune résident dans des zones rurales en perte d’activité, en montagne, îles ou zones urbaines fragilisées
L’Agence française a également mis en place un groupe de travail sur la stratégie d’inclusion dans le programme Jeunesse.(voir docs ci-contre)
Depuis son lancement pour la période 2000-2006. L’accès des jeunes « ayant moins d’opportunités » aux actions de mobilité européenne et d’éducation non-formelle est l’une des priorités de l’Agence Française dans la mise en œuvre du programme Européen Jeunesse.
En France, le Groupe de travail national sur les Jeunes en difficulté a été très actif, notamment depuis sa structuration autour de la coopération entre l’Agence et la Délégation Interministérielle à la Ville en 2002. Ce partenariat a permis de financer l’accompagnement individuel de certains jeunes. La dynamique ainsi créée a débouché sur l’extension des forfaits de tutorat renforcé au niveau européen en 2005, véritable reconnaissance et valorisation du travail d’accompagnement des structures auprès de jeunes défavorisés dans le cadre du SVE – Service Volontaire Européen et notamment du SVE court terme.
Depuis 2002 de nombreuses initiatives ont vu le jour au niveau régional et inter-régional : coopération décentralisée dans des actions en direction des publics en difficulté, formations conjointes pour les jeunes, formations des acteurs du champ de l’insertion, partenariats locaux. Il s’agit donc aujourd’hui d’évaluer les résultats et les modalités de mise en œuvre de cette priorité d’accès des jeunes en difficulté à toutes les actions du PEJ.
Dans le cadre de cette démarche, l’AFPEJ - Agence Française du Programme Européen Jeunesse -, en partenariat avec l’association Peuple et Culture Languedoc Roussillon, a organisé un séminaire d’évaluation et de perspectives des actions avec ce public du 23 au 27 mai 2005 à la Maison Familiale du Lazaret à Sète.(voir doc en téléchargement ci-contre)



