L’intérêt de la mobilité européenne chez les jeunes  print

Avant d’utiliser les programmes de mobilité en direction des jeunes inscris à la Mission Locale, il faut être convaincu de l’apport d’une mobilité (individuelle ou en groupe) et comprendre dans quel cadre ces programmes se situent.

De l’importance de l’international

Depuis quelques décennies maintenant, les échanges internationaux s’intensifient considérablement. Les idées, les biens, les personnes et les capitaux circulent de plus en plus librement et, surtout, à une vitesse fulgurante. Les grands problèmes n’interpellent plus les États séparément mais la planète tout entière. Phénomène inéluctable, la tendance mondialisante a des conséquences majeures, voire dramatiques qui mettent en lumière l’importance primordiale de s’ouvrir sans cesse davantage aux réalités internationales, aux enjeux qu’elles sous-tendent et aux nouveaux paradigmes qui en émergent.

Dans une perspective de promotion de la mobilité des jeunes, il ne s’agit pas de spéculer sur les façons de réagir à cette tendance, mais de déterminer le meilleur cadre pour permettre aux jeunes de faire le meilleur choix compte tenu des éléments de leur réalité, de leurs aspirations et leurs besoins.

Des stratégies, des politiques et des programmes pour une mobilité européenne des jeunes

Du niveau européen au niveau local

La mobilité des jeunes est au cœur des préoccupations politiques de l’UE. Le livre blanc sur la Jeunesse, le Pacte européen pour la jeunesse (voir ci-contre) en sont l’illustration. De nombreux programmes tels que Jeunesse, Léonardo, Socrates…offrent des opportunités de mobilité à toute la jeunesse. Dans le cadre du processus de Bologne (lui-même inclus dans la stratégie de Lisbonne), un cadre commun sur les qualifications a abouti au LMD et au portfolio Europass. Outil incontournable donnant une lisibilité européenne aux qualifications et compétences d’un individu

Le Conseil de l’Europe participe en collaboration avec la Commission européenne à une politique de formation à destination des jeunes, en plus des programmes de mobilité déjà existants.

En France, au niveau étatique le MJS et le MAI pilotent plusieurs programmes de mobilité (en plus de Jeunesse) : VVVSI, les protocoles bigouvernementaux…

Nombre d’opérateurs liés au MJS tels que l’OFAJ, l’OFQJ, la CONFEJES (Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays d’expression) française ont élaboré des programmes de mobilité en direction de la jeunesse.

Au niveau régional et infra : programmes spécifiques régionaux (eurodyssé, jumelages, coopération décentralisée…) offrent des parcours individualisés et collectifs aux jeunes.

L’intérêt de la mobilité européenne chez les jeunes

Un intérêt politique : l’engagement

Pour relever avec succès les défis de la modernité, autrement dit pour vivre, pour grandir et pour s’épanouir dans un monde en transformation constante sur lequel les jeunes veulent légitimement influer, l’accès à l’international est une voie incontournable. Elle permet d’acquérir des connaissances et savoir-faire pour approfondir l’indispensable compréhension des enjeux économiques, sociaux, culturels et politiques, sans laquelle il ne peut y avoir de pouvoir réel d’infléchir sur les décisions et le cours des choses. Pour obtenir une place de choix dans les processus décisionnels qui les concernent et, ultimement, pour devenir des citoyens engagés et responsables.

De plus, comme l’a signalé avec beaucoup d’à-propos la Commission des communautés européennes dans son livre blanc Un nouvel élan pour la jeunesse européenne, « La mobilité, l’atout premier de la construction européenne (…) est de plus en plus répandue. Sa valeur ajoutée est désormais largement reconnue. Qu’elle soit définie entre plusieurs pays ou entre le monde rural et le monde urbain, qu’elle s’adresse aux millions d’étudiants européens ou aux jeunes en formation, qu’elle concerne les jeunes souffrant de handicaps, ou issus des minorités ou de milieux défavorisés, la mobilité apporte ouverture sur le monde et enrichissement des expériences. »

Un intérêt personnel : l’enrichissement

Une conclusion s’impose d’elle-même : dans la nouvelle économie du savoir, certains jeunes ont développé une véritable culture de la mobilité européenne qu’ils considèrent comme un élément indispensable à la valorisation de leur cheminement personnel et professionnel ainsi que de leur cursus académique.(surtout depuis Europass) Ils sont parfaitement conscients qu’une formation est dorénavant plus complète, plus appropriée et davantage considérée si elle est enrichie par des parcours à l’étranger, que ce soit pour perfectionner leur connaissance et leur maîtrise de langues secondes, pour accroître leur autonomie personnelle, pour s’immerger dans un contexte culturel différent, ou encore pour mieux se préparer à des carrières qui se déroulent désormais au sein d’équipes internationales. La mobilité européenne est désormais un axe structurant de formation. Elle est devenue une exigence de plusieurs programmes académiques de collèges et d’universités, d’associations de jeunesse, de même qu’un préalable pour plusieurs employeurs.

Ces expériences de mobilité (formelles, non formelles) ont en effet démontré qu’elles contribuent efficacement à :
- favoriser l’insertion professionnelle,
- développer des aptitudes sociales dans un contexte interculturel (compétences relationnelles, tolérance, sens des responsabilités…),
- maîtriser des langues étrangères,
- favoriser l’épanouissement de la personne (ouverture d’esprit, autonomie…).

En un mot, beaucoup comptent la mobilité européenne parmi les actions éducatives les plus propices pour préparer l’adulte, le travailleur, le citoyen européen du nouveau millénaire.

Pour présenter un intérêt collectif, et de ce fait être susceptible de se développer, la mobilité transnationale de jeunes doit répondre aux besoins et concourir aux projets de développement de chaque partie concernée : les entreprises, associations, organismes de formation et les pouvoirs publics.

Les entreprises

- sensibiliser aux questions de diversités culturelles
- ébaucher des projets en réponse aux besoins de l’entreprise, anticiper leur réalisation effective, avancer leur terme,
- approcher le marché unique européen et acquérir une expérience de travail transnational (en particulier pour les PME),
- progresser grâce à la découverte d’autres méthodes de travail et au bénéfice d’un regard extérieur neuf,
- accroître le professionnalisme, l’innovation et la culture de l’entreprise grâce à la capacité tutorale acquise,
- répondre à l’évolution des besoins en matière de ressources humaines,
- permettre à l’entreprise citoyenne de manifester qu’elle est un acteur responsable dans la société et qu’elle peut contribuer à la résorption de problèmes sociaux.

Les organismes de formation/ Les associations

- améliorer la qualité et la capacité d’innovation des systèmes socioéducatifs,
- renforcer l’attrait pour la formation professionnelle, l’engagement citoyen des jeunes
- être acteur du développement régional en proposant des formations adaptées aux besoins de l’économie,
- permettre la réciprocité et la pérennité d’échanges de stagiaires et de jeunes
- mieux connaître le système éducatif et de formation professionnelle d’autres pays, la réalité de la société civile des partenaires d’un échange
- valoriser l’image de l’organisme.

Les pouvoirs publics

- faciliter l’insertion sociale et professionnelle des jeunes,
- encourager la libre circulation des personnes à l’intérieur du marché unique,
- contribuer au sentiment de citoyenneté européenne,
- rapprocher l’école et l’entreprise,
- promouvoir le concept d’apprentissage tout au long de la vie,
- contribuer au développement régional grâce au transfert de savoirs et de savoir-faire vers les PME/PMI.

Voir aussi Le contexte de la mobilité européenne euromost Voir aussi La plus value des échanges de jeunes


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