Stratégie européenne et processus : Lisbonne, Bruges...  print

Les objectifs fixés par les dirigeants européens lors du Conseil européen à Lisbonne en 2000 sont de faire de l’Union européenne l’économie de la connaissance la plus dynamique et la plus compétitive au monde à horizon 2010. Un projet ambitieux qui concerne également le champ de l’éducation formel et non formel. Aperçu pour mieux saisir les enjeux.

Dossier Politique européenne

Pour atteindre ces objectifs d’ici 2010, l’UE a tenté de combiner tous les instruments qu’elle possède : législatifs, programmes...et elle a même inventé une « méthode de coordination ouverte  » permettant aux Etats membres d’agir, principalement dans le champ de l’éducation, en échappant au processus législatif formel. Ce nouvel instrument offre de réelles perspectives d’avancées de coopération renforcée.

Le but du processus est donc de renforcer la compétitivité des économies européennes en s’efforçant de promouvoir une stratégie équilibrée entre les dimensions économiques, sociales et environnementales. Cette approche baptisée donc "stratégie de Lisbonne" comporte plusieurs volets de réformes : certaines sont économiques (développer la société de l’information,l’Internet, la recherche et le développement, l’entreprenariat, l’économie des services ; améliorer l’harmonisation fiscale, les opportunités d’investissements)et d’autres ont trait à la modernisation de l’Europe sociale (améliorer l’emploi,la protection sociale et l’inclusion ; favoriser l’éducation et la formation pour vivre et travailler dans une société de la connaissance). Elle couvre de multiple champs et pour mieux comprendre les mesures concrètes qui ont découlé de ce processus le tableau en téléchargement (extrait ci-dessous) nous offre un aperçu de ces grandes orientations.

voir tableau des mesures concrètes ci-contre

Le Conseil européen extraordinaire de Lisbonne (mars 2000) : vers une Europe de l’innovation et de la connaissance

Bilan 2004 : Peut mieux faire ! (voir Rapport en téléchargement)

Comme l’indique N.Van Batten : Développement, compétitivité, emploi, croissance : le bilan n’est pas brillant, et 2010 pas si loin. C’est le message dela commission européenne, dans son rapport annuel qui selon elle, malgré les 6 millions d’emplois créés depuis 1999, les progrès accomplis restent insuffisants. Les mesures européennes ne sont qu’une partie de la stratégie. Dans certains domaines, les réformes et les investissements dépendent des seuls Etats membres.Malgré ce bilan très mitigé l’UE a repris la stratégie en misant sur 3 points :

La commission européenne pointe du doigt 3 urgences :
- Investir dans la recherche, le développement, l’éducation et la formation
- Renforcer la compétitivité des entreprises
- Promouvoir la vie active des travailleurs agés et moderniser les systèmes de santé

Le champ de l’éducation formel et non formel et la stratégie de Lisbonne : histoires de processus

Les programmes d’éducation, de formation et de la jeunesse (Socrates, Leonardo, Jeunesse principalement)menés par la commission européenne s’intègrent dans les processus et les stratégies européennes même si leur existence les a précédés. Processus de Bologne, de Bruges, Déclaration de Copenhague...voilà autant d’étapes qui ont donner une cohérence aux actions et une coordination des politiques. (voir tableau en téléchargement : les processus en un coup d’oeil).

Ce que nous devons retenir c’est qu’à chaque processus correspond un champ particulier et chaque processus est lui-même relié à cette grande ambition qu’est la Stratégie de Lisbonne.

Par exemple le Processus de Bologne (ou l’harminisation des diplômes)correspond à une déclaration (accord signé entre 40 pays) visant à effectuer des réfomres de leurs systèmes universitaires pour les faire converger. Les systèmes universitaires varient de pays à pays et il est difficile de promouvoir la mobilité des étudiants quand il n’existe pas de correspondance des diplômes.

Cette étape vers la lisibilité et la reconnaissance des diplômes s’est notamment concrètisée par la naissance des LMD (Licence, Master, Doctorat) , désormais on ne compte plus en années d’études mais en ECTS (Système de tranfert des crédits). Voilà une convergence qui s’est attelée à la spirale de Lisbonne en devenant un des piliers de la démarche de reconnaissnce des diplômes.

Et le processus de Bruges-Copenhague ?

Le Conseil européen de Barcelone de mars 2002, donnant suite à une inititative prise à Bruges par les Directeurs généraux de l’UE compétents en mantière d’enseingement professionnel, a défendu l’idée d’une coopération renforcée en matière de formation et d’enseignement professionnels (le Processus de Bruges). L’objectif est d’élaborer des instruments améliorant la transparence des qualifications et des compétences, un système de transfert d’unités de cours capitalisables pour l’enseignement et la formation professionnels à tous les niveaux, et une série de principes communs pour la validation de l’apprentissage non formel

C’est dans Europass que nous trouvons la possibilité de valider des expèriences non formelles. Ce portefeuille permet de ranger tout ce que l’on sait faire (compétences). Europass a pour objectif explicite de montrer à son futur employeur les compètences acquises au cours de sa vie et au-delà des frontières (par exemple via un SVE). Il a pour objectif implicite de faire converger les systèmes en UE pour mettre en place des modèles qui peuvent se comprendre (métacadre).

Nous voilà au bout d’une chaine simplifiée mais qui nous montre les articulations entre des déclarations d’intentions politiques, des processus et des programmes à destination d’individus pour lesquels la formation tout au long de la vie devient une nouvelle sécurité garantissant l’employabilité.

Pour aller plus loin : EDUCATION ET FORMATION 2010 SYSTEMES DIFFERENTS, OBJECTIFS PARTAGES

Lexique

- La valeur ajoutée d’une "méthode ouverte de coordination"
La SEE a introduit une nouvelle méthode de travail au niveau européen, connue sous le nom de "méthode ouverte de coordination". Cette méthode de travail s’appuie sur cinq principes clés : subsidiarité, convergence, gestion par objectifs, surveillance multilatérale et approche intégrée.

- Subsidiarité : La méthode établit un équilibre entre la coordination au niveau européen de la définition des objectifs communs et de l’examen des résultats et les responsabilités des États membres pour décider du contenu précis des actions à mener. La définition des moyens et des conditions dans lesquelles les programmes et les politiques sont mis en œuvre est laissée dans une large mesure aux États membres, qui sont responsables de leur politique de l’emploi en vertu du traité de l’UE.

- Convergence : La stratégie vise la réalisation de résultats en matière d’emploi définis en commun grâce à une action concertée, où chaque État membre contribue à améliorer la performance moyenne de l’Union. Ce principe a été rendu plus concret par le Conseil européen de Lisbonne et les Conseils suivants qui ont confirmé le plein emploi comme un objectif fondamental de l’Union et fixé des objectifs quantifiés tangibles pour l’Union dans son ensemble.

- L’apprentissage mutuel : L’échange de bonnes pratiques et expériences est un des objectifs principaux de la méthode ouverte de coordination de la SEE. Un Etat membre peut apprendre de l’expérience d’autres pays, qui ont peut-être déjà trouvé des solutions à des problèmes similaires dans le marché du travail. En encourageant l’apprentissage mutuel à tous les niveaux dans des domaines clés de la SEE, on étend aussi des connaissances sur les politiques les plus efficaces et comment elles doivent être mises en pratique.

- Approche intégrée : Les lignes directrices pour l’emploi ne se limitent pas aux politiques actives de l’emploi et couvrent également des domaines tels que les politiques sociales, l’éducation, le système fiscal, la politique d’entreprise et le développement régional. Les réformes structurelles ne peuvent pas être obtenues au moyen d’actions isolées et dispersées : elles exigent une action cohérente et concertée sur un large éventail de politiques et de mesures. Ces mesures doivent en outre être adaptées afin de répondre à des besoins et à des conditions spécifiques. Cela signifie que le processus de Luxembourg n’est pas la "propriété exclusive" des ministères du travail et de l’emploi : il nécessite la mise en œuvre de politiques d’emploi globales impliquant les gouvernements dans leur totalité, ainsi qu’un grand nombre d’acteurs concernés.

- Gestion par objectifs : Le succès de la stratégie repose sur l’utilisation de mesures de référence et d’objectifs quantifiés afin d’assurer un suivi et une évaluation approfondie des progrès accomplis. Ces objectifs se fondent sur les valeurs partagées par les États membres et couvrent des questions considérées d’intérêt commun. Les progrès dans la réalisation de ces objectifs sont définis en termes d’indicateurs quantitatifs ou qualitatifs. Par l’utilisation d’objectifs quantifiés et d’indicateurs, les résultats des politiques sont rendus transparents et donc ouverts à l’examen public.

Document(s) Joint(s)

Bilan S.Lisbonne W.Kok
64 pages sur la Stratégie de Lisbonne pour mieux saisir les enjeux des futures politiques de l’UE